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Je réagis à la polémique du moment pour deux raisons : le « reportage » de France Inter ce matin et le fait que deux personnes que j’apprécie particulièrement ont signé la pétition « Retirer du marché le livre sexiste et dégradant « on a chopé la puberté » ».

Avec cette histoire, moi, la seule chose que j’ai chopé, c’est le spleen car elle est une nouvelle démonstration de ce que je considère comme une dérive de cette époque qui est encore un peu la mienne.

Rappel des faits :

  • Les éditions Milan ont publié dans leur série « Les pipelettes » un livre intitulé « On a chopé la puberté ». Cible : filles à partir de 9 ans. L’illustratrice est Anne Guillard, les textes sont de Mélissa Conté Grimard et Séverine Clochard, toutes trois ayant visiblement déjà participé à d’autres projets similaires.
  • Mathilde Blondel, étudiante en histoire à Aix en Provence, lance une pétition sur change.org en publiant une photo extraite du livre et en demandant son retrait et des excuses de l’éditeur. Une photo, 3 phrases sentencieuses et une exigence qui entrainent à cette heure la mobilisation de près de 150 000 signataires : Pétition pour le retrait du livre sur change.org

Une polémique, trois raisons de s’inquiéter

  1. Qui a lu ce livre parmi les 150 000 signataires ? La majorité de celles et ceux qui ont signé la pétition reconnaitront certainement n’en avoir lu que les extraits publiés sous forme de photos par Mlle Blondel… Rien ne vous choque ? Je vous invite à lire l’excellent article de Lucie Kosmala sur le site madmoiZelle.com : « On a chopé la puberté », une polémique et une pétition, mais est-ce justifié ?.
    Une vraie critique du livre, étayée, détaillée et d’ailleurs sans concession. On y voit par contre comment l’extrait utilisé est sorti de son contexte. A la fin de l’article, je me dis en effet que je ne mettrai pas ce « guide » imparfait et maladroit entre les mains d’une enfant mais qu’il ne me semble pas pour autant « dangereux » au point de l’interdire…
  2. Car sommes-nous à ce point en danger qu’il faille interdire ce livre ? Interdire un livre ! Là encore, chers signataires de la pétition et lecteurs de ces lignes, rien ne vous choque ? Certains me répliqueront que le titre est « retirer le livre du marché », je ne suis pas expert en sémantique mais je trouve qu’il y a une certaine hypocrisie dans cette formulation…
  3. Une information relayée par les réseaux sociaux ou même France Inter n’a de valeur que si elle complète et recoupée. Sur Inter ce matin, une simple information que je juge « à charge » avec interview d’une pro-interdiction mais sans aucun mot de l’éditeur ou de l’une des auteures. Pour la troisième fois, je pose la question : rien ne vous dérange ? J’ai pris le temps de regarder de quoi est faite « la collection » (seulement 2 tomes) « Les pipelettes » et ce qu’avaient commis précédemment les auteures. Il y a forcément un malentendu quelque part. Plus qu’un malentendu, des « non écoutées » dans cette triste histoire.

La règle des 3 M

Vous connaissez la règle des 3 M ? Non ? Normal, je viens de l’inventer…
Elle n’a donc rien d’universelle mais je pense que c’est une bonne méthode pour se rappeler la bonne l’attitude à adopter fasse aux « inform-inonda-tions » actuelles, surtout si le sujet nous touche et nous fait réagir.

  • Mesurer : la fiabilité, la probité ou simplement la qualité de ce, de celles et de ceux qui nous « informent ».
  • Mettre en perspective : recouper, vérifier l’information, écouter si possible tous les protagonistes ou au minimum plusieurs « sons de cloche ».
  • Maîtriser : ses impulsions, ses actes et ce que l’on écrit.

Je rajoute un autre M, pour ceux qui comme moi pensent que le vivre ensemble passe par un peu « d’activisme » autour de ce sujet : Modérer, en intervenant comme je le fais dans mes échanges quotidiens ou par l’écrit pour rappeler que ce qui nous réunit doit toujours être plus fort que ce qui nous divise.
Ceux qui me connaissent le savent, je suis un fou de communication, un « vieux digitalisé » qui vit de, avec, dans « les internets ». Mon combat pour un web plus juste, plus tolérant et donc plus universel n’est pas vain, ni désespéré, il suffit simplement que chacun en prenne sa part. N’oubliez jamais que « derrière l’écran » il y a des femmes et des hommes avec qui vous interagissez. Et que ce qui se passe sur ce terrain virtuel a de plus en plus d’impact sur notre vie réelle.

Une règles des 3 M avec 4 M, mais quand on M, on ne compte pas.

Conclusion

J’ai débuté ce texte en disant que j’avais le spleen mais le simple fait de l’écrire, de le décrire me redonne de l’envie, de l’espoir.
L’envie d’être lu et compris, l’espoir d’être rejoint et accompagné dans cette recherche d’une information et d’une communication plus sereines.

Certains diront que le sujet du livre n’était ici qu’un prétexte prosélyte… Peut-être, mais pas seulement et je terminerai donc en rappelant que la critique est constructive là où la censure est destructive. Oubliez ce livre, ne l’achetez pas, ne le lisez pas mais, s’il vous plait, ne le pilonnez pas.