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La liberté porte toujours le risque du désordre… mais c’est l’intolérance et la tyrannie qui en sont le plus douillet berceau.

Nos sociétés se décomposent aujourd’hui car les citoyens les plus bruyants et donc les plus audibles sont des antagonistes, des factions rigides postées aux extrémités opposées du socle politico-social.
Ces groupes d’opinion(s?) sont aveuglés par la même certitude qu’ils détiennent l’unique vérité, la seule valable, la seule qui doit s’imposer.

Les O'Timmins et O'Hara dans Lucky LukeAu point où l’affrontement en vue de faire taire l’autre camp serait au final plus important pour eux que la cause qu’ils défendent. Un peu comme dans ce vieil album de Lucky Luke (1) ou les familles O’Timmins (à gros nez rouge) et O’Hara (à grandes oreilles) ne savent même plus pourquoi elles s’affrontent depuis des générations.

Ils sont déterminés, prêcheurs, vindicatifs et sans aucune mesure. Et du coup, dans la calebasse médiatique comme dans les cavernes des réseaux sociaux, seule résonne, sans pour autant raisonner, la cacophonie qu’ils créent par leurs aboiements et leurs imprécations.

Ils ne sont pourtant chacun qu’une minorité, et restent minoritaires même comptés ensemble.
Ils ne prennent le pouvoir que lorsqu’une partie de ceux qui se situent dans le ventre mou de l’opinion décident, par lassitude, (dés)espoir ou par crainte, de leur laisser les rennes. En leur donnant leur voix… ou tout simplement en se taisant.

Il existe pourtant d’autre voies, il existe pourtant d’autres voix.

Je suis de ceux qui refusent d’être tenus en laisse d’en l’espoir d’être sauvés.
Mais je ne suis pas pour autant de ceux qui au nom de leur liberté et de leurs opinions estiment pouvoir fouler au pied “l’autre” et ce qu’il représente.
Je suis de ceux qui ont appris avec bonheur et ont fait leur cette maxime : la liberté de chacun s’arrête où commence celle des autres.

Je suis de ceux qui pensent que la haine ne fait qu’engendrer la haine mais que l’amour n’est pas toujours payé de retour…
…Qu’il faut donc de la mesure en toute chose et que le respect de l’autre n’est pas un sentiment mais un principe. Même si je te suis ou si tu m’es indifférent, je te respecte.

Je suis de ceux qui savent que ce qui nous rend riches est rarement au fond de nos poches mais vient de ce que l’autre nous apporte, nous donne ou nous apprend.
Parce que tu es différent, tu m’inspires et m’enrichis.

Je suis de ceux qui voient que notre monde rétrécit de plus en plus vite et que l’étranger est désormais notre voisin.
Ce qu’il fuit aujourd’hui est donc forcément à notre porte et nous nous devons de l’accueillir, pour l’aider certes, mais également pour lutter avec lui.

Je suis de ceux qui refusent de fermer les yeux sur la responsabilité de notre société, je suis de ceux qui comprennent avec horreur que les fous meurtriers qui nous tuent sont aussi nos enfants.
Cette blessure est quelque part sur notre corps mais nous y sommes insensibles. Il est indispensable de la trouver et de la panser pour arrêter l’hémorragie.

Je suis de ceux dont la voix, pourtant ferme et décidée, a du mal à se faire entendre parce qu’elle est trop peu ou trop mal relayée par ceux qui sont à la tribune.

Je suis de ceux dont la voie, le chemin parcouru, est désormais bien plus long que celui qu’il leur reste à couvrir. Je suis de ceux qui voudraient laisser une voie dégagée et surtout pas sans issue à ceux qui arrivent et arriveront après nous.

Je suis de ceux là et vous ?

Il existe d’autres voies, il existe d’autres voix. Celles-ci sont les miennes.

Quelles sont les vôtres ?

(1) Le Lucky Luke en question (un peu de culture que diable !) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Rivaux_de_Painful_Gulch