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L’horreur est parfois un tremplin

Ce putain de 7 janvier 2015 nous obligent tous à réfléchir et à nous déterminer.
Moi itou.
Il aura fallu l’élimination froide et imbécile d’hommes et de femmes qui n’avaient en commun que d’être haïs par des ignorants surarmés pour que mes neurones, trop souvent mobilisés par un quotidien certes passionnant mais quelque peu routinier et futile, se décident à s’agiter sur quelques questions simples mais exist(ess)entielles :

  • Comment nous protéger de ceux qui nous détestent sans vraiment nous connaitre?
  • Comment vivre ensemble ? Déjà « entre nous » mais aussi « avec eux »
  • Faut-il des limites, si oui lesquelles, si non à quel prix ?

Ce site se voulait un carnet de bord de réflexions ironiques sur mon nombril et ce qui l’entoure.
Il se peut qu’ils devienne ces prochains temps le cahier de brouillon de mes utopies (et pourquoi pas des vôtres).
Il y a de fortes probabilités pour que ce projet tombe lui aussi dans les oubliettes (heureusement profondes car déjà bien remplies) de mes actes manqués.
Si ce n’est pas le cas, c’est que l’horreur d’un mercredi de janvier aura servi de tremplin à ma motivation. C’est que, réveillé par le vacarme de ces Kalachnikov puantes, je suis désormais en alerte et décidé à ne plus  boucher aucun de mes orifices : j’écoute, je scrute, je renifle pour savoir d’où viennent les cons, je hurle pour prévenir…
… Je vous entends d’ici, il reste certes deux orifices inexploités, mais j’ai ma pudeur. N’est pas Charlie qui veut.

Objectifs, rappels et définitions

C’est par là que j’aimerais vous amener

Je vais graver dans mon html quelques réflexions que je voudrais pouvoir peaufiner, me remémorer et partager avec ceux qui m’entourent et toi, visiteur de ce site.

J’invite chacun (pour peu qu’il y ait quelqu’un!) à proposer, à commenter et à m’aider à améliorer les bases et le contenu d’un « programme citoyen » qui nous permettrait :

  • de nous réunir sur ce qui nous est commun
  • de définir comment lutter contre ces minorités (si!si!) qui n’ont pas ce désir citoyen du vivre ensemble et qui nous menacent.
  • de trouver les moyens d’éduquer et de transmettre nos valeurs pour que dans l’avenir ces minorités se transforment en ultra-minorités puis en simples anecdotes historiques (j’évite les termes « détails de l’histoire » que je laisse à un borgne minoritaire lui-même, future poussière de notre histoire politique).

Mais c’est par ici qu’il faut commencer

Trop d’amalgames ces derniers jours, trop de Charlie pas drôles ou décalés, incongrus voire même indécents pour ne pas se dire qu’il est nécessaire de poser quelques bases qui permettront à chacun de se reconnaitre (ou pas) dans ce que j’essaie de « modéliser ».

  • Admettons donc tout d’abord « qu’être Charlie » ne signifie pas nécessairement aimer Charlie Hebdo mais que nous nous sentons forcément solidaires de ces hommes et ces femmes libres stigmatisés comme des ennemis par une bande de (pas joyeux) illuminés.
    « Être Charlie » c’est donc déjà admettre que des points forts nous rapprochent de toutes les victimes des « innommables » (je refuse d’indexer mon texte dans les moteurs de recherche sur leurs noms) et ce au delà de nos différences.
    « Nous sommes Charlie » parce que le siège de ce journal a été la première étape de cette série d’assassinats et que derrière ce slogan nous sommes Charb, Cabu, Wolinski mais aussi Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Elsa Cayat, Honoré, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Tignous, Clarissa Jean-Philippe, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab et François-Michel Saada.
    17 personnes qui avaient en commun d’être différents, comme nous.
    Pour en savoir un peu plus sur chacun d’eux, je vous renvoie à cet article du Nouvel Obs :  Les 17 victimes des attentats
  • Ce que nombre de médias et de politiques présentent comme une « mobilisation sans précédent » avec son point d’orgue le 11 janvier dernier est certes une belle démonstration et une magnifique communion humaniste mais qu’en restera-t’il dans l’avenir si aucune action ne vient la prolonger ? Pour que ces cris, ces larmes et cette détermination portent, il faut que ce qui nous a uni pour nous rendre plus fort soit repris dans notre quotidien pour qu’en retour cette force affirmée nous réunissent à nouveau.

Mise à jour du 17 janvier 2015

  • De même que certains sont Charlie par pur mimétisme, élan grégaire éphémère ou « calcul récupérationiste », nombreux sont ceux qui se perdent dans l’interprétation du terme Laïcité.
    Je développerai un peu plus loin ce qu’est la société laïque au sens politico-juridique, ce que nous pouvons en attendre et ce que nous devrions peut-être en faire mais je voudrais juste dans un premier temps que nous soyons d’accord pour affirmer que la laïcité n’est pas l’interdiction de croire pas plus qu’un signe communautariste d’opposants à ceux qui pratiquent une religion.
  • Le courage d’une foule est parfois bâti sur la peur de chacun de ceux qui la composent. Oui cette démonstration solidaire de millions de gens le 11 janvier 2015 est une preuve de force, de résistance à l’horreur de l’obscurantisme et du terrorisme mais nous avons le droit d’avoir peur. Tout le monde n’a pas le courage de Charb, l’abnégation de Franck Brinsolaro qui le protégeait, l’obstination des survivants de Charlie Hebdo… ou l’âge de Cabu et Wolinski !
    Notre volonté, notre rage parfois, à dire « Nous sommes debout » s’exprime collectivement et c’est important. Mais cela ne dure qu’un temps et c’est parce qu’individuellement nous ne sommes pas tous égaux, courageux, persévérants, motivés que la société dans l’expression du droit et son projet social doit prolonger notre « combat » et reprendre nos idéaux pour en faire des règles.
  • Pour prolonger le point qui précède, admettons également que l’on peut-être combatif tout en restant non-violent et prôner le dialogue et la paix tout en se protégeant.
    Je n’aime pas l’adage « Qui veut la paix prépare la guerre », qui historiquement (la pax romana) consistait à entretenir la guerre chez ses voisins pour les obliger à se défendre et permettre à son propre peuple de vivre en paix (je vous renvoie à cet article sur Wikipedia pour plus d’infos: Si vis pacem, para bellum).
    Mais force est de constater que la police, la gendarmerie et l’armée sont (re)devenus les héros de la nation ces derniers jours. Donc dans une période troublée comme celle que nous vivons,  si nous voulons éviter que des crétins se mettent à s’auto-défendre (et donc potentiellement à nous agresser), il nous faut nous féliciter d’avoir avec nous des professionnels « aguerris » pour défendre nos idées (les leurs également je l’espère!) et notre société.
  • Autre rebond : nous ne sommes donc pas obligés de nous aimer tous et tout le temps pour vivre ensemble en bonne intelligence. Et ce n’est pas être démagogue que de chercher ce qui nous rassemble (à d’autres moments que ces instants tragiques).

… A suivre

Si vous me lisez et que vous êtes arrivé(e) jusqu’à cette phrase c’est qu’il est possible que tout ceci vous intéresse. Alors dites le ! Critiquez, commentez, j’y trouverai certainement une motivation pour continuer… ou une raison pour arrêter.