// Randomize Slider accueil

Le relai par une de mes connaissances sur Facebook de la pétition demandant la suppression des émissions religieuses du dimanche sur la télévision publique a soulevé de nombreux commentaires, dont le mien dont vous trouverez la retranscription ci-dessous. En cette veille de Noël, j’ai été une fois de plus étonné de la virulence de certaines interventions et j’en viens à la conclusion que la religion reste le sujet idéal pour diviser les peuples.

Un tel constat ne m’a évidemment pas empêché de mettre mon grain de sel, voici la façon dont j’ai assaisonné cette conversation :

Le fil de cette discussion est la démonstration flagrante que la religion doit rester dans la sphère privée. Le souci n’est pas l’opposition entre croyants et non croyants : l’échange ferme entre Christian et Pierre est à ce sujet édifiant, les deux, malgré leurs prénoms très « chrétiens », sont visiblement non-croyants. Le souci c’est le fait religieux lui-même : par essence prosélyte et communautaire, il exacerbe toutes les tensions. A tel point que même ceux qui « n’en sont pas » finissent par s’opposer sans s’écouter (se lire).

J’ai entendu un jour, lors d’un débat sur la théologie chez Bernard Pivot, que l’on trouve dans l’ancien testament une phrase qui dirait à peu près ceci : « les prophètes n’existent pas parce que Dieu existe mais Dieu existe parce que les prophètes existent ». Si cela est, c’est à mon sens la démonstration définitive (et logique) que l’exercice religieux n’était à l’origine qu’un savant habillage pour faire passer des messages moraux ou simplement pratiques (vie sociale, hygiène, justice…).

Mais les passeurs se sont bientôt transformés en braconniers ; d’abord écoutés, suivis, bientôt « adulés », ils ont fini par développer le concept à leur profit. A tel point que le modèle « éco-cuménique » n’existe plus depuis des lustres que pour renforcer le pouvoir de quelques-uns :

  • en enrôlant ceux qui ont besoin d’un contexte spirituel pour accompagner leur existence (ou absoudre leurs turpitudes)
  • en ostracisant ceux qui n’adhèrent pas, incroyants ou d’une autre croyance.

Bon, certes, il y a la loi de 1905… et son interprétation (c’est souvent comme cela avec les vieux textes que quasiment personne ne lit). Ok… Mais je vous le dis en vérité (…), s’il faut un jour redéfinir la laïcité, faisons-le ! Car on peut être croyant et non religieux voire anti-religion. Et ce n’est pas parce qu’on est athée ou agnostique que l’on doit s’interdire de dire que l’on est contre la religion.
De fait, le vivre ensemble, le respect de chacun repose sur le droit que j’ai de croire ou de ne pas croire et de pratiquer ou pas une religion. Pas plus.

Donc, vu de ma paroisse (…), le croyant n’a rien à craindre. Je suis d’autant plus tolérant que, n’ayant pas de certitude, ne pouvant démontrer que ce que je ne vois pas ou ne crois pas n’existe pas, je comprends que d’autres aient fait le choix du pari Pascalien.
Par contre je demande pacifiquement mais fermement que l’on cesse de m’imposer le spectacle répété de ces pratiques théologiques qui commencent, comme le battement de l’aile du papillon, par un prêche anodin pour finir un jour dans les larmes et parfois dans le sang. Un spectacle omniprésent à la télé, pas seulement le dimanche, mais aussi dans les journaux, à la radio, partout et tout le temps…
Hindouistes, juifs, musulmans, bouddhistes, chrétiens (je ne cite que la 1ère division, les autres se reconnaitront…) vous avez un PGDC, une chose en commun qui vous rassemble au-delà de toutes vos différences et de vos guerres de clochers (…) : VOUS CROYEZ ! Si celui-d-en-face ne croit pas, ou croit différemment, en un ou plusieurs dieux, avec ou sans barbe, d’une autre couleur, on s’en fout ! Ce que vous croyez est ce qui vous fait avancer ? Cool ! Acceptez que d’autres empruntent des chemins différents et ne cherchez pas à les détourner ou à les stopper.

J’ai vu naitre autour de moi des enfants baptisés ou non, circoncis ou pas. Ils sont tous égaux à mes yeux : ils courent le même danger de devoir grandir dans un monde où des adultes se battent pour des croyances parce qu’exacerbées par des religions.
J’ai assisté à des enterrements, des incinérations de gens qui étaient croyants ou athées. Ce qui reste d’eux, ossements, poussière, ou ce qu’ils « deviennent ensuite » ne peut être plus marquant, plus profond que leur trace dans mon cœur.

Si personnellement j’ai signé cette pétition, c’est parce que je suis convaincu qu’il est temps de penser à l’avenir.  Je n’ai rien contre ces émissions et suis même prêt à reconnaître qu’elles font du bien à certains… Mais cet « opium du peuple »  a fait trop de ravage et je demande, au moins, que l’on en fasse plus la promotion avec mes maigres deniers.
C’est à contrecœur que j’ai dû reconnaitre que Malraux avait raison pour ce siècle. Par contre je pense sérieusement que le XXIIème siècle ne devra pas être religieux s’il veut pouvoir exister. Cela commence par remettre la religion à sa place, loin du centre de la cité, loin du centre de nos préoccupations.

Je vous souhaite à tous le meilleur pour ces derniers jours de 2016.
Encore une chose, frères (et sœurs) humain(e)s : et si nous travaillions ensemble pour que le meilleur de nous tous, ce que nous avons chacun en nous et tous en commun soit ce que nous laissions à nos enfants ? Cherchons ce qui nous rassemble, réaffirmons quelques valeurs simples (on peut même s’inspirer de quelques textes, comment dire, fondateurs…) et réapprenons à vivre ensemble. Avec comme seul limite à notre liberté qu’elle respecte celle de l’autre.

Bonsoir et Bonnes Fêtes